Le Directeur général de la RTS, Pape Alé Niang, a fermement critiqué la politique de diffusion de la Confédération africaine de football (CAF). Ceci à l’égard de la Coupe d’Afrique des nations (CAN 2025). Depuis la capitale togolaise, Lomé, il appelle à un accès équitable à l’ensemble des 52 matchs de la compétition. Actuellement, seules 32 rencontres leur sont réservées.
Lors de la cérémonie de clôture du séminaire de New World TV, diffuseur de la CAN 2025 à Lomé samedi, la Radio Télévision du Sénégal (RTS) a reçu le premier prix de l’excellence décerné par New World TV à ses médias partenaires. Au moment de recevoir le prix, Pape Alé Niang a salué les contributions des légendes du football africain présentes et a reconnu le travail des chaînes publiques.
« Permettez-moi tout d’abord de saluer les légendes du football africain qui nous ont procuré beaucoup de plaisir, mais également les exécutifs présents pour cette belle cérémonie. Je considère que ce trophée récompense toutes les chaînes d’État, qui travaillent au quotidien pour le rayonnement du football africain. Ces chaînes, tous les jours, abattent un travail phénoménal. », a-t-il déclaré.
Il a également exprimé sa gratitude envers le groupe média togolais New World.
« Je souhaite remercier New World, un partenaire qui soutient le rayonnement du football africain. C’est une réelle fierté de voir des Africains capables de détenir les droits de diffusion et d’aider les chaînes publiques et privées à accéder à ces contenus, permettant aux peuples africains de suivre les grandes compétitions de notre continent. »
Concernant les difficultés rencontrées par les chaînes publiques dans la diffusion des compétitions africaines, Pape Alé Niang est monté au créneau.
« Nous avons soulevé ce débat pour nos peuples, pas pour nos chaînes. Nous attendons une réponse de la CAF, car nous avons adressé un courrier formel. Cela fait presque un mois que nous n’avons reçu aucun retour. Nous considérons être des acteurs essentiels du football africain. Nos États soutiennent cette discipline. »
Il a clairement exprimé son désaccord avec le modèle imposé par l’UEFA.
« Le modèle qu’on veut nous imposer venant de l’UEFA n’est pas un modèle adéquat. Nos chaînes font de leur mieux pour acquérir des droits. Avec la concurrence des chaînes payantes en matière de sponsoring, les chaînes publiques n’ont pas les moyens nécessaires. Bientôt, tous les matchs seront diffusés sur des chaînes payantes, excluant ainsi les chaînes publiques. »
Il a également souligné le paradoxe de la situation :
« Et le drame, c’est quoi ? Nos États prennent l’argent du peuple pour acheter les droits. Nous n’avons pas des chaînes capables d’acheter les droits. C’est l’État qui supporte cela. En retour, nous avons un paquet de 32 matchs. Pour le reste, on demande aux peuples d’aller sur une chaîne payante. »
s’est-il indigné.
Il a ensuite soulevé la nécessité d’informer le public. Cela est essentiel pour éviter les critiques concernant l’absence de diffusion de certains matchs par les chaînes publiques lors des compétitions. Cela inclut notamment la CAN 2025. Il a réaffirmé que cet événement doit être célébré comme une fête du football africain.
Pour rappel, Pape Alé Niang n’en est pas à son coup d’essai. Il avait déjà exprimé ses préoccupations fin octobre lors du Salon international des médias à la Maison de la presse.