La Confédération africaine de football (CAF), en collaboration avec la Fédération togolaise de football (FTF), a lancé ce mardi un atelier de formation consacré à l’initiative pour des stades sécurisés. Pendant trois jours, responsables des clubs de première et deuxième divisions, policiers, gendarmes et autres acteurs de la sécurité sont réunis autour d’un objectif commun qui est de renforcer les compétences et améliorer les dispositifs de sécurité dans les stades togolais.
Théorie, échanges d’expériences et mises en situation pratique rythment cet atelier qui prendra fin jeudi. Une initiative qui intervient dans un contexte où la sécurité apparaît comme l’un des enjeux majeurs de la professionnalisation du football africain en général et togolais en particulier.
À l’ouverture des travaux, l’officier de sécurité de la FTF, Christian Atekpe, a insisté sur l’importance de la formation et du partage d’expériences:
« Nul n’est sans connaître l’importance de la sécurité lors d’un match. Donc, pendant les trois jours, nous allons bénéficier de l’expertise des experts avérés du département de la sécurité de la CAF. Je vais, à cet effet, inviter les participants à poser toutes les questions sur nos réalités en matière de sécurité afin que nous sortions de cet atelier très enrichis pour un lendemain meilleur de notre football »
a-t-il déclaré.
Présidant la cérémonie d’ouverture, le président de la FTF, Guy Kossi Akpovy, a pour sa part situé cette formation dans la dynamique globale de transformation du football africain. Pour lui, la sécurité constitue l’un des piliers essentiels du football moderne.
« Cet atelier touche l’un des piliers essentiels du football moderne. C’est pourquoi je voudrais rendre hommage au président de la CAF, Patrice Motsepe, qui a choisi d’accélérer la transformation du football africain en agissant sur les ressorts fondamentaux de sa professionnalisation »
a souligné le président de la FTF.
« Cette vision ne se limite pas au développement sur le terrain, mais concerne aussi la gouvernance et l’administration, la médecine, l’arbitrage, la sécurité, la gestion des compétitions, la formation des commissaires de match et la professionnalisation des clubs. Alors, nous avons donc compris que le football africain ne peut évoluer si ces hommes et ces femmes ne sont pas formés »,
a-t-il poursuivi.
Pour Guy Kossi Akpovy, la sécurité n’est donc pas un aspect secondaire de l’organisation d’une rencontre:
« Le thème qui nous réunit aujourd’hui n’est pas accessoire, mais il touche à l’essence du spectacle sportif. Un stade doit être un lieu de paix et de communion. Il ne doit jamais être un lieu de peur. C’est pourquoi la formation d’aujourd’hui est indispensable »,
a-t-il martelé.
Le patron de la FTF a également invité les participants à tirer le meilleur profit de cette rencontre.
« Chers participants, cet atelier qui s’ouvre aujourd’hui doit vous permettre d’apprendre, de partager des expériences et surtout de mettre en situation les dispositifs que nous voulons demain dans les stades. Pour la FTF, cet atelier constitue une opportunité de renforcer les compétences de nos acteurs, d’améliorer nos pratiques et d’échanger avec les experts, mais aussi une opportunité de rappeler que la qualité de notre football se mesure également à la qualité de son organisation »
a-t-il ajouté.
« Nous voulons des stades mieux organisés, des spectateurs qui viennent au stade avec confiance et repartent avec des souvenirs d’une belle fête sportive. Nous voulons que les joueurs puissent exercer leur métier dans de meilleures conditions »,
a conclu Guy Kossi Akpovy.
La sécurité, une affaire de planification
L’un des enjeux majeurs de l’atelier est également de tirer les leçons des incidents enregistrés par le passé dans certains stades. Ndoua Zie Christian, commissaire divisionnaire, officier de sûreté et de sécurité de la CAF et de la FIFA et instructeur FIFA, estime que de nombreux incidents qui ont eu lieu sur les stades, auraient pu être évités grâce à une meilleure organisation :
« Cette initiative est opportune parce que, par le passé, nous avons connu dans nos stades de nombreux incidents. Nous avons pu constater que les raisons étaient liées soit à des problèmes d’organisation, soit à des problèmes de planification. Bref, l’erreur était souvent humaine. Aujourd’hui, on a donc pensé qu’il fallait apprêter tous les acteurs qui sont en charge de la sécurité pour qu’ils puissent travailler de manière conjointe afin de garantir toutes les opérations de sécurité lors des événements organisés par la CAF »,
a-t-il expliqué.
Selon lui, la formation permettra notamment d’aborder: « l’importance de la sécurité », mais aussi « le règlement, la capacité des services de sécurité, les liaisons entre la billetterie et la sécurité ». L’objectif est de passer en revue « toutes les dispositions qu’il faut prendre pour garantir la sécurité de tous ceux qui viennent au stade lors d’un match ».
Cette approche met en évidence la nécessité d’une coordination étroite entre les différents corps et services mobilisés lors d’un événement sportif.
La sécurité, désormais une véritable science
De son côté, Diabaté Zakaria, manager de la sûreté et de la sécurité auprès de la CAF, rappelle que l’organisation sécuritaire d’un match ne peut plus reposer sur l’improvisation.
« Il faut comprendre aujourd’hui que la sûreté et la sécurité sont une science. On ne se lève pas un matin ou un soir pour aller organiser un match. C’est une science qui a des données, des calculs, des statistiques, des informations. On n’est plus dans le monde ancien où l’on appelle des gens pour aller organiser un match »
, a-t-il expliqué.
« Il y a aujourd’hui des experts, il y a ce qu’on appelle la planification, les évaluations des risques, et tout cela repose sur des calculs mathématiques. L’idée, c’est de faire en sorte que le football devienne un spectacle »,
a poursuivi l’expert de la CAF.
Pour lui, la réussite d’un dispositif de sécurité repose surtout sur la capacité des différents acteurs à travailler ensemble:
« Lorsqu’on organise un match, il y a un espace dédié à tous les chefs de corps : chefs stadiers, chef de la police, chef de la gendarmerie, chef de la sécurité du pays hôte, chef de la sécurité de la CAF, sapeurs-pompiers, services médicaux. Bref, il faut que le football soit professionnalisé en termes d’organisation »
a-t-il conclu.
Au-delà des enseignements théoriques, les participants seront donc confrontés à des exercices pratiques destinés à tester leur capacité à anticiper les risques et à coordonner leurs interventions.
Avec cette initiative, la CAF et la FTF entendent ainsi contribuer à faire des stades des espaces plus sûrs, où supporters, joueurs, officiels et autres acteurs peuvent vivre le football dans un climat de confiance. Une ambition qui s’inscrit pleinement dans la volonté de professionnaliser davantage le football africain.